Rencontres Paysans

S’il y a un événement qui a façonné la révolution russe plus que tout autre, c’est la révolution spontanée et inédite de la paysannerie de 17iya contre le tsar et le gouvernement autocratique de Nicolas II. Peu importe comment les paysans se sont rebellés contre l’autorité du gouvernement, Nicolas a répondu avec une sévérité qui a surpris même ses agents secrets. Les paysans, dirigés par le leader le plus populaire, le plus connu et le plus influent de la paysannerie, Boleslavsky, se sont encore plus rebellés, transformant les rues de Saint-Pétersbourg en barricades sanglantes.

Lorsque les habitants de Saint-Pétersbourg et d’autres villes comme Kiev et Petrograd ont commencé à incendier les bâtiments du gouvernement provisoire, les mencheviks, ou «messes», comme on les appelait, qui se sont rangés du côté du gouvernement provisoire, ont refusé d’obéir à la décision junte. Au lieu d’obéir à leurs dirigeants, les mencheviks ont lancé une campagne de terreur, exécutant des chefs paysans et rassemblant d’énormes foules d’hommes armés qui parcouraient la ville et incendiaient des villages sans discernement. La «rébellion» est devenue le sujet de beaucoup de propagande, dont une grande partie visait à retourner le peuple contre le gouvernement provisoire et à inciter le gouvernement à utiliser la force contre la «rébellion». Cependant, le jour de la révocation du gouvernement provisoire de ses fonctions, la “rébellion” s’est déployée contre les villes qu’ils avaient rejointes et a détruit d’innombrables maisons, commerces et possessions des peuples qu’ils avaient purgés.

Bien que la «rébellion» soit une petite minorité de travailleurs organisés, elle représentait le noyau de la nouvelle économie russe, la majeure partie de la population paysanne vivant dans les villes. En même temps, en incendiant les maisons des propriétaires terriens et des capitalistes, la «rébellion» était aussi une armée de chômeurs, de ruraux pauvres, se comptant par dizaines de milliers. Au fur et à mesure que les villes se vidaient progressivement, les pauvres et les riches restant à l’écart par manque d’emplois et par les terribles conditions économiques que traversait le pays, les villes ont progressivement perdu leur élan actuel, ne retrouvant qu’un faible semblant de leur ancienne grandeur. rencontres paysans